Chronologie_1921-1928

Chronologie 1921-1928: Enfin apprécié

1921

2 avril: officiellement inscrit à l’adresse des Urban à Blaricum.

4 avril: annonce aux Massé son passage à Paris avec les Urban et Anton Zelling; prévoit un voyage à Fresselines et Crozant (Creuse) et demande à son ami de l’aider à l’organiser.1

16 avril: de retour à Paris en compagnie des amis hollandais.2

17 avril: soirée musicale chez les Massé, Rollinat, César Franck et Debussy au programme.3

Avril: voyage dans le Berry (fig. 1), visite de la maison de Rollinat, beaucoup d’admiration pour la nature sauvage.4

Eté: rencontre par l’intermédiaire d’Ernst Pfeiffer Theodore Pitcairn (fig. 2), richissime américain qui sera son mécène, chez les Urban à Laren. Il lui achète deux toiles, dont un portrait de Marijke Urban, fille ainée de Nicolas et Berendina, que Théodore épousera en 1926.5

Fin septembre: Paris et Recloses

Novembre: expose chez Fetter à Amsterdam les deux œuvres achetées par Theodore Pitcairn.6

1. Voir PS, LAS aux Massé, Laren, [4 avril 1921], album Massé p. [44]. 2. Voir Massé 1920-1935, 16 avril 1921, p. [5]. 3. Ibid., 17 avril 1921. 4. Voir Anton Zelling, CPS aux Massé, [22 avril 1921], album Massé, p. [45]. 5. Voir [PS 229] et [PS 227]. 6. Voir 1921 Fetter.


1922

Printemps – été: séjour à Recloses (fig. 3); les Urban acquièrent rue Sainte-Anne une maison; un atelier y sera aménagé; espère la visite de René Massé car sa santé fragile ne lui permet pas de se rendre à Paris; travaille beaucoup;1 parmi ses derniers tableaux un grand bouquet des fleurs de champs dont il reparle plus tard à Massé: « J’ai fait un très grand bouquet des champs [de fleurs] » (œuvre non identifiée).2

27 juillet: invite René Massé à prendre le thé à Recloses avant son départ pour la Hollande.3

16 décembre – 7 janvier 1923: participe à une exposition à l’Hôtel Corvin, Hilversum.4

1. Voir Philippe Smit 1922 et les œuvres référencées. 2. PS, CPS aux Massé, Recloses, [20 juillet 1922], album Massé, p. [46]. 3. Voir PS, CPS aux Massé, Recloses, [27 juillet 1922], album Massé, p. [46]. 4. 1922-23 Gooische Kunstenaars.


1923

Printemps – été: séjour à Recloses (fig. 4), se promène à Barbizon et Larchant où il « pense faire un tableau »1 mais projet abandonné « car ici à Larchant [il] n’[a] rien pu faire à cause de ce soleil torride. »2

23 juillet: lettre à Theodore Pitcairn:3 tout en le remerciant de son invitation à lui rendre visite en Afrique du Sud, il espère que, plus Pitcairn le connaîtra, plus il saura que son art est pour lui, non seulement une expression picturale, mais un engagement qui doit saisir l’âme que Dieu a mis dans la nature et les êtres, et que dans la peinture l’artiste manifeste la divine harmonie entre le rêve et la réalité, le ciel et la terre, la nature et les anges. Il décline l’invitation en invoquant sa santé très fragile, son inaptitude au « déracinement »; il ne trouve son équilibre que dans son atelier, la région de Recloses étant pour ses tableaux le lieu de base continuel de ses paysages de rêves; sa nature hypersensible, qui peut paraître ridicule à certains, nourrit, en fait, son art; il a beaucoup travaillé en hiver, supportant mal la chaleur de l’été, période d’inspiration rendue possible grâce à la bonté de Pitcairn; il aimerait qu’il lui rende visite, ce qui lui permettrait de comprendre ses tableaux et la lutte de l’artiste pour l’art, l’aspect dramatique, la mélancolie et l’extase propres à toutes ses œuvres. Il parle d’un grand tableau de fleurs des champs (très probablement [PS 241]) et d’une étude représentant un endroit sauvage de la forêt (œuvre non identifiée). Quant aux peintures achetées par Pitcairn, il demande à ce dernier de la patience car il ne peut vernir les deux tableaux (œuvres non identifiées) que douze mois après leur réalisation.

1-8 octobre: expose à son atelier de Laren.4 (fig. 5)

20-26 octobre: expose chez Fetter à Amsterdam cinq tableaux,5 derniers achats de Theodore Pitcairn, avant leur expédition aux Etats-Unis.

1. PS, CPAS aux Massé, Barbizon, [29 juin 1923], album Massé, p. [47]. 2. CPAS aux Massé, Larchant, [5 juillet 1923], album Massé, p. [48]. 3. PS, LAS à Theodore Pitcairn, 7 juillet 1923, (connue par une traduction anglaise de l’époque), archives Glencairn. 4. 1923 Sparren. 5. 1923 Fetter.


1924

Au printemps: voyage de trois mois aux Etats-Unis avec Berendina Urban et ses deux filles, Marijke et Lotty, accompagné d’Ernst Pfeiffer.1 Accueilli chez Theodore Pitcairn, Philippe Smit peint à la demande de son hôte des portraits d’évêques d’une église swedenborgienne, créée par son père, la « General Church of the New Jerusalem ».2 (fig. 6)

28 juin: retour à Cherbourg avec Theodore Pitcairn, où Nicolaas Urban les attend; se rendent à Chartres.3

Fin été – début automne: retour en Hollande. (fig. 7)

30 septembre: envoie une carte des environs de Zwolle à Massé; a fait des portraits, se réjouit de l’agrandissement de son atelier de Sparren et envisage de repartir pour la France en novembre.4

Début novembre: à Recloses avec les Urban et Anton Zelling.5

Novembre: Outre des critiques dans les journaux, Kasper Niehaus publie après celui de Het Getij6 un deuxième grand article dans le Maandblad7 sur Philippe Smit. (fig. 8)

Fin d’année: en Hollande.

1. Annals of the General Church, Vol. 1, Part 2, 1897-1937, 1924, United States, Pennsylvania, May-June 21. 2. Voir [PS 246] et [PS 244]. 3. Voir PS, CPAS, New York, [20 juin 1924], album Massé, p. [48]. 4. Voir PS, CPAS, Dalfsen, [30 septembre 1924], album Massé, p. [49]. 5. Voir Massé 1920-1935,2–9 novembre 1924 p. [6]. 6. Niehaus 1922a. 7. Niehaus 1924a.


1925

13 janvier: annonce aux Massé son futur séjour à Recloses où les Urban louent au printemps une petite maison; il a hâte d’y aller « pour pouvoir faire des études en forêt pour des projets de tableaux qui [lui] tiennent au cœur »; ne travaille pas beaucoup; envoie à son ami l’article du Maandblad; est déçu que le numéro ne lui soit pas entièrement consacré; il déplore en outre les photos en noir et blanc: « la couleur a son grand rôle […] et a une expression que ne donne jamais la foto, il y a beaucoup de peintres qui suffisent avec la ligne, chez moi tout se perd ou s’accentue selon l’œuvre tantôt la ligne donne son expression tantôt la couleur. C’est pour cela que c’est très difficile de juger mes tableaux d’après des fotos. »1

13 mars: est depuis huit jours à Recloses; demande à Massé d’acheter des fournitures pour ses pastels chez Henri Roché, Maison du pastel.2

18 mars: demande à Massé d’acheter des fournitures cette fois-ci chez Sennelier, quai Voltaire, et de vider sa petite chambre de la rue de la Pépinière car il va donner congé.3

20 mars: passe lui-même commande chez Roché de « 5 de […] papier à pastel gris bleu » pour « faire des études de printemps ». 4

30 mars: déménage avec les Urban pour une autre maison à Recloses.5

Août: à Laren.

1. PS, LAS aux Massé, Laren, [13 janvier 1925], album Massé, p. [50]. 2. Voir PS, LAS à Massé, Recloses, [13 mars 1925], album Massé, p. [52]. 3. Voir PS, LAS à Massé, Recloses, [18 mars 1925], album Massé, p. [52]. 4. PS, LAS à Henri Roché, Recloses, 20 mars 1925, archives La Maison du Pastel. 5. Voir PS, LAS à Massé, Recloses, [30 mars 1925], album Massé, p. [52].


1926

5 janvier: devient membre de la « General Church of the New Jerusalem », baptême célébré par Ernst Pfeiffer. Les Urban et Anton Zelling rejoignent l’église swedenborgienne en même temps.1

12 janvier: annonce avec tristesse et bonheur aux Massé le mariage de Marijke Urban avec Theodore Pitcairn: « Marijke vas se marier le 26 de ce mois avec ce jeune homme Américain qu’elle aime depuis déjà plusieurs année […] c’est un garçon tout ce qu’il y a d’intelligence et un cœur sublime, aussi un grand bonheur, c’est que tous mes tableaux restent dans la famille, car il possède de moi 25 tableaux au moins. »2

26 janvier: mariage de Theodore Pitcairn et Marijke Urban; Philippe Smit est témoin de la mariée.

4 février: quitte définitivement la Hollande pour s’installer en France.

Avril: à Recloses.

26 mai: Achète en pleine propriété le château de la Motte à Thoury-Ferrottes, en Seine-et-Marne,3 où il vivra également et où un atelier sera créé. (fig. 9)

Automne: « C’est ici en ce moment un désordre terrible, tous les Thoury–Recloses, sans que l’on arrive à un résultat et pourtant l’on peut pas laisser les choses comme cela, surtout les pauvres tableaux. J’ai fait pour votre Moeder [mère] un grand pastel de la forêt, hélas et le temps et le va et vient pour Thoury ne me permet, pour ainsi dire, rien pour mon travail. »4

1. Annals of the General Church, Vol. 1, Part 2, 1897-1937, 1926, Europe, Hollande, Laren, Jan. 5.  2. PS, LAS aux Massé, Bruxelles, [12 janvier 1926], album Massé, p. [54]. 3. Déclaration du patrimoine, conformément à l’ordonnance du 15 août 1945. 4. PS, LAS à Theodore et Marijke Pitcairn, [automne 1926].


1927

Voyage de 8 mois aux Etats-Unis.1 (fig. 10)

Septembre: retour en France, à Thoury-Ferrottes; début d’une vie bourgeoise très aisée.2

24 octobre: « Je ne comprends jamais les artistes qui font cela en s’amusant, pour moi l’art est une lutte où je laisse la peau. »3

29 novembre: « […] Aujourd’hui, Philippe a fait un dessin de Paatje [père de l’artiste], si beau, un vieillard qui reçoit des gouttes de la source divine. C’est pour la deuxième partie des Arcanes [œuvre non identifiée]. […]« .4

1. Voir 1928, 18 janvier; [PS 294], [PS 292] et [PS 284]. 2. Voir PS, LAS à René Massé, Thoury-Ferrottes, [8 septembre 1927], album Massé, p. [56] et LAS à René Massé, [24 octobre 1927], album Massé, p. [56]. 3. Ibid. 4. « […] Ph.[ilippe] heeft vandaag een tekening gemaakt van Paatje [vader van de schilder], zo prachtig, een grijsaard druppels ontvangend uit de Hemelse bron. ‘t Is voor het tweede deel van de Arcana. […] » (Berendina Urban, LAS à Theodore et Marijke Pitcairn, n.d. [29 novembre 1927].


1928

18 janvier: écrit à Kasper Niehaus: « Très cher ami, excuse-moi pour temps de négligence et de paresse, mais depuis notre départ de Laren ça n’a été qu’un tourbillon d’aller et venu, d’abord un déménagement avec tous ces pastel et ensuite arranger toutes ces choses, tu n’as pas idée un vrais cauchemar et plus de cela un voyage en Amérique où nous sommes restez 8 mois ce n’est pas une petite chose, alors on est absolument hors de soi-même, et pour déménager et voyager c’est toujours pour moi un peu mourir. Car le fond de mon être est tellement casanier et il y a rien au-dessus pour moi qu’un paysage familier que l’on rêvait de ses pensées journalières, hélas je n’ai pas beaucoup travaillé. […] ».1

Fin février: attend avec impatience la visite de Theodore et Marijke Pitcairn.

3 mars: parle de son projet d’un grand tableau, à ce jour non identifié, dans une lettre aux Massé: « […] et en plus de cela le temps depuis un mois qui me contrarie car je veux faire un grand tableau dans la forêt et pour cela il me faut un [temps] couvert et brumeux, alors j’attends avec impatience que le temps change, ça sera je pense du cote de belle Croix ou du côté de la Croix de Souvray. Oh, oh, cette magique foret que je l’aime […] ».2

Mars: remercie Theodore et Marijke Pitcairn pour l’atelier qu’il aura bientôt; est en train de faire un portrait de Berendina [PS 298] pour la fête de Lotty (31 mars) mais se plaint de la lumière; a beaucoup de projets mais qui doivent attendre la réalisation de l’atelier; l’art pour lui est « un sentiment de quelques reflet du ciel et quand [il se] promène dans la divine nature ce mélange avec l’art, [lui] donne une émotion et un sentiment comme des fois [il] aurai[t] des ailes. Vraiment la nature ne rend heureux que les innocents et sages. »; Jan Zondag sera de passage à Thoury-Ferrottes avec qui il partage les bons souvenirs de Sparren qui le rendent nostalgique de ce temps-là: « il ne faut pas trop vivre dans le passé et pourtant mon âme en est toujours dévorée ».3

29 mars: a fait le portrait de Berendina [PS 298] et un « bouquet de fleurs pastel » (œuvre non identifiée).4

22 mai: bousculé par des problèmes domestiques, hormis un grand pastel [PS 303], il travaille peu, a « beaucoup de pensées mais […] arrive à peu de résultats »; est toujours hanté par l’idée: « de savoir créer les émotions que l’on reçoit de la nature [car] là est le secret de l’âme de l’artiste d’en faire corps. »5

29 septembre: vend la nue-propriété du château de la Motte à Theodore Pitcairn.6

Automne: séjour de quelques mois à Bryn Athyn (Pennsylvanie) chez les Pitcairn; très nostalgique de Thoury, il à hâte d’être dans son nouvel atelier pour pouvoir réaliser de nouveau des grandes œuvres.7

1. Philippe Smit 1928a. 2. PS, CAS aux Massé, Recloses,  [03/1928], album Massé, p. [57]. 3. Voir Philippe Smit 1928b. 4. Voir Philippe Smit 1928c. 5. Voir Philippe Smit 1928d. 6. Copie de l’acte de vente du 29 septembre 1928, Me Rivain, Fontainebleau. 7. Voir Philippe Smit 1928e.



FIG. 1 Vallée de la Creuse, PS, carte postale envoyée à Lotty, 20 avril 1921.

FIG. 2 Theodore Pitcairn, avec l’aimable autorisation de Madame Eshowe Pitcairn-Pennink.

FIG. 3 Recloses, PS, carte postale aux Massé, 20 juin 1922.

FIG. 4 Vue sur la Colonie à Recloses, Berendina, carte postale aux Massé, 22 juin 1923.

FIG. 5 Annonce, 1923 Sparren, Algemeen Handelsblad, 30 septembre 1923.

FIG. 6 New York, PS, carte postale envoyée aux Massé peu avant son retour en Europe, 20 juin 1924.

FIG. 7 Overijssel, PS, carte postale aux Massé, 30 septembre 1924.

Maanblad

FIG. 8 Maanblad voor beeldende Kunsten, 1924.

FIG. 9 Château de la Motte, Thoury-Ferrottes.

FIG. 10 Dientjehaeme, maison familiale de Theodore et Marijke Pitcairn, Bryn Athyn, PA.

Nicolas Urban, Jacob Smit, Berendina, Philippe Smit, Lotty, Marijke, à Thoury-Ferrottes, vers 1928.